30 décembre 2006
Chinoiserie
29 décembre 2006
Obstination
Une incertitude qui sourit sur le sable doré. Vous la regardez et elle vous regarde vous noyer. Vous ne pourrez pas dire après ça que vous n’étiez pas prévenus, mais pourquoi s’entêter l’homme ne peut respirer sous l’eau. La vie c’est cela, me répondrez-vous essoufflés quand la vague vous aura rejeté sur la rive.
Vous aurez les cheveux salés et les yeux humides mais déjà votre regard fixera l’horizon. Le temps fuira entre les mains, vous n’aurez pas le temps.
Vous plongerez à nouveau dans la grande bleue, débordant d’espoir, c’est vous qui déborderez. A nouveau sur le sol, vous vous relèverez.
Les cheveux mouillés, une larme salée coulera sur votre joue. Vite vous l’essuierez, vous n’aurez toujours pas le temps de
pleurer. Le temps ne coulera plus entre vos mains, il s’en ira à flot. Irrésistible, l’eau vous happera de nouveau.
Une larme hagarde dans la mer, une goutte noircie par la rancœur ne trouve pas sa place dans un océan de cristal. Vous marcherez alors sans but, errant seuls et pourtant tous ensembles sur la rive. Des mains se rejoindront pour être plus fortes. Vous resterez sur la rive.
Pour un si long voyage, il vous faudra beaucoup de force et vous n’en aurez pas conservé jusqu’alors constamment entre deux eaux. Vous attendez sans cesse quelque chose qui ne vient jamais, vous attendez et comblez votre attente en vous évadant, en fuyant, en vous échappant.
Si la rive est si proche et que vous ne parvenez jamais à l’atteindre, peut-être faudra-t-il un jour croire vous-même en ce que vous faites, ce que vous êtes. L’homme qui cesse de croire meurt bien avant celui dont le cœur cesse de battre.
Sur la grève, les membres tendus et la mâchoire crispée, vous avancez. Une respiration profonde, un dernier regard vous fermez les yeux. Un, deux, trois…
Tout votre corps s’élance. Il court, léger, sur le sable brûlant. Une décharge électrique qui fend la plage jusqu’à l’océan. L’eau froide prend votre cheville. L’écume blanche enroule déjà votre torse. La vague arrive, immense. Vous sentez son ombre par chacun de vos pores. Vous êtes une poupée de chiffon ballottée par la mer. La rive est proche, vous la sentez.
Les paupières closes, la respiration coupée, vous nagez depuis des heures. Vous êtes douleur et vous n’avez pas senti votre main effleurer le sable fin. La mer vous dépose sur la berge, vous vous endormez.
26 décembre 2006
Respirez, c'est les vacances
09 décembre 2006
La vie
Quand lorsque le soleil se couche, le temps est venu pour nous de tirer un trait sur cette nouvelle journée d’absurdité, nous pouvons nous demander le sens profond de notre existence. Mais pourquoi toujours chercher à trouver un sens à ce qui est ?
Sûrement parce que la nature ne semble rien faire au hasard, si notre existence n’était qu’une absurdité, nous serions alors l’erreur de la nature. Il est dur de croire que la nature ait généré un spécimen de notre complexité par erreur. Peut-être que le hasard a conduit à notre évolution, mais certainement pas une erreur dans le sens où nous serions malvenus, comme une race parasite qui est apparu pour se proliférer sans retenue et pourrait finir par balayer toute forme de vie sur Terre.

La vie est bien étrange. Si elle n’a pas de sens, qu’est ce qui lui donne ce désir souverain de se conserver, se diversifier, proliférer ? Parce que c’est ce qu’elle fait, et son envie de proliférer est si grande que les hommes rêvent déjà d’envoyer une matrice sur une autre planète pour aller la contaminer avec cette graine magique qu’est la vie. Oui, magique, elle l’est. L’homme croit tout pouvoir expliquer mais l’expliquer elle-même est une tout autre affaire. L’homme croit, mais peut-être qu’il se trompe depuis le début.
Trouver un but, de la cohérence ou même simplement un motif qui expliquerait ne serait ce que nos propres actes, semble tout à fait impossible. Qui peut honnêtement se targuer de ne faire et n’avoir fait que des choses justifiées ? Notre propre vie nous est étrangère. Nous la regardons passer comme un film, parfois nous la regardons passer sans même en profiter quand elle ne nous fait pas souffrir. En effet, cette vie nous fait souffrir à un point que parfois nous pouvons nous demander pourquoi nous voulons tant préserver notre souffle vital. Certains choisissent d’arrêter de se demander mais la foule vit.
Après tout, la raison de notre existence n’a pas plus d’importance que l’existence elle-même. Et bien qu'après cette vie certains croient en une autre meilleure, personne ne tient la vérité absolue si cette vie est unique il ne nous reste plus qu’à l’absorber, s’en enivrer jusqu’à ce que notre corps rayonnant n’arrive plus à porter ce poids si lourd.
Alors, nous vivons.

